Je n'ai jamais osé te dire...------------->Concours JB n°2 bis

Je n'ai jamais osé te dire...------------->Concours JB n°2 bis
Je n'ai jamais osé te dire cette vérité qui me brûlait le coeur. Elle m'obsédait, m'étouffait, je sentais à chaque instant le poid du mensonge sur mes épaules, et cette petite voix que l'on nomme conscience, ne cessait de me harceler. Quand j'ouvrais la bouche pour t'en parler, je me ravisais au dernier moment, de peur de voir ton sourire s'effacer. Pourtant, ce sourire me faisait mal, tu ne savais pas à qui tu t'adressait en réalité, tu ne savais pas le monstre qui se cachait derrière mon visage en apparence calme et serein. Non, l'idée même que je puisse te mentir ne te venait pas à l'esprit, et cette confiance absolue en ma sincérité me faisait mal, si mal... Te dissimuler cette réalité devenait un fardeau de plus en plus lourd à porter; c'est pourquoi j'ai pris mon courage à deux mains, mon stylo dans une seule, et j'ai commencé à écrire cette lettre. Car vraiment, toi ma meilleure amie, il faut que tu saches...
Je froissai la feuille de papier sur laquelle j'avais tracé ces mots. Il ne faudra pas que j'oublie de la jeter à la poubelle, mais pour l'instant, j'ai faim, et en croquant dans ma pomme, j'achève de me convaincre que j'ai choisi la bonne solution. Après tout, elle n'avait pas à tout savoir de ma vie privée. Et puis... Non. C'était un secret classé confidentiel. Fan de Lorie... Trop dur à assumer.

# Posté le samedi 14 octobre 2006 17:12

Modifié le mardi 01 mai 2007 09:12

Je n'ai jamais osé te dire...----------------> Concours JB n°2

Je n'ai jamais osé te dire...----------------> Concours JB n°2
Je n'ai jamais osé te dire, durant toutes ces années où je te voyais, alors que tu étais là. Je te voyais tous les jours, je te croisais dans les couloirs, je te disais bonjour, je te souriais. Tu me souriais aussi. J'avais comme un glaçon dans le ventre, un glaçon qui fondait, et l'eau gelée se répandait dans mes veines comme un doux poison, une drogue mortelle dont je savais qu'elle allait me tuer. Alors, je m'imaginais que si je le disais, tout irait mieux, je me disait nous serions tombés dans les bras l'un de l'autre, je me disais qu'enfin, le bonheur serait au rendez-vous. Je me nourrissais d'illusions, me confortant dans mon petit monde bien organisé, n'osant pas troubler cet l'ordre par un aveu qui pourrait tout faire s'effondrer. Et maintenant, c'est trop tard, trop tard pour te dire... Je t'aime.
Je froissai le papier. Un goût d'amertume dans la bouche. Un sentiment indéfinissable au coeur. Je n'avais jamais osé le lui dire...
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# Posté le samedi 14 octobre 2006 14:34

Modifié le samedi 14 octobre 2006 16:45

Concours Maurice Genevoix année 2006

Concours Maurice Genevoix année 2006
"Tu as été captivé par la lecture d'un ouvrage.
Décris dans quelles circonstances tu l'as découvert et tout ce qu'il t'a apporté."


On était en janvier et il gelait à pierre fendre. J'étais en cours de Français, bien installée sur ma chaise, à côté du radiateur -la meilleure place en hiver. La tête posée sur mes bras croisés, je somnolais, écoutant distraitement le professeur débiter son cours d'une voix lente et monotone.
Soudain, le mot "agenda" parvint jusqu'à mes oreilles. Je me redressai, pris le mien, l'ouvris au hasard et chuchotai à Florine, ma voisine:
-C'est pour quand?
-Pour le quinze février, me répondit-elle; on doit lire
Au Bonheur des Dames de Zola.
Je griffonai le nom du livre à la date donnée, et soupirai. Du Zola... Sûrement le genre de livre qu'auraient adoré mes grand-parents.

En rentrant chez moi, j'allai directement dans la bibliothèque de mes parents pour voir si le livre demandé s'y trouvait. En effet, après avoir cherché pendant dix bonnes minutes, je le dénichai entre deux énormes dictionnaires. Il correspondait malheureusement à l'idée [que] je m'en faisais: un gros pavé poussiéreux jauni par le temps, dont les pages racornies commençaient à se détacher. Cinq cent pages recouvertes de minuscules lettre d'imprimerie, de points et de virgules à n'en plus finir, de descriptions s'étirant sur des pages et des pages, une véritable concrétisation de l'ennui.

Il fallait pourtant le lire, et je me mis tout de suite à l'ouvrage, espérant l'avoir fini au plus tôt. Contrairement à ce à quoi je m'attendais, je fus immédiatement happée par l'ouvrage, m'attendrissant sur le sort de Denise et de ses frères, me révoltant contre la cruauté des vendeuses, me réjouissant des mille ingénieux stratagèmes mis en place par Mouret pour piéger les femmes, riant en voyant leur résultat. Mais plus que tout ce furent les descriptions qui m'enthousiasmèrent: magnifiques expositions, éblouissantes vitrines, dentelles délicates et tissus soyeux... Je passai grâce à ce livre des heures de bonheur.

Même sans compter le plaisir que j'eus à le lire, ce livre m'a apporté beaucoup de choses.
J'ai d'abord pris conscience que, si épais que puissent être les livres, ils peuvent tous se révéler être un trésor -même si leur lecture est conseillée par un professeur...
De plus, je porte maintenant un autre regard sur les vitrines, les étalages, la disposition des habits ou autres objets, dans les magasins, grandes surfaces, jusque dans les petites boutiques. Derrière toutes ces présentations se cachent-elles de longues réflexions, maintes tangiversations; de même, derrière ces comptoirs, entre les rayons, que pensent ces vendeurs, ces vendeuses, toujours souriants et polis?
En outre, ce roman m'a fait découvrir que ce que nous appelons maintenant la fashion-victim a toujours existé, que la rage et le bonheur des femmes à dépenser, à profiter des multiples occasions et réductions, cette joie à la vue des vêtements ou tout autre tissu, cette attirance pour la mode, ce désir d'avoir toujours plus d'habits, tout cela remonte à longtemps.
Les femmes n'ont pas changé, pour le plus grand bonheur des couturiers, caissiers, vendeurs... et pour le plus grand malheur de leurs maris.
Les livres non plus n'ont pas changé, et c'est pour cela qu'une lecture nous apporte toujours quelque chose.


Remarque qui ne sert à rien: la prof de français a bien aimé mon 1er paragraphe...
Deuxième remarque qui ne sert à rien: c'était justement dans le 1er paragraphe que je disais ce que je pensais vraiment.

# Posté le dimanche 24 septembre 2006 11:59

Modifié le mardi 15 mai 2007 02:26

Fotes d'aurtoguraffe et ede frppe

Si vous en voyez, merci de me signaler les fautes d'orthographe ou de frappe qui m'auraient échappées...

# Posté le dimanche 24 septembre 2006 11:03

Concours Maurice Genevoix, année 2005

Concours Maurice Genevoix, année 2005
Imaginez deux animaux domestiques qui refusent leur servitude, en justifiant leur révolte, et qui inventent une ruse pour y échapper.
(Bravo à Bébé qui a eu le 1er prix!!!)

Le chat la sentait, il la voyait presque. Un tourbillon de poils gris fila entre ses pattes. Ne pas la rater. Crac! D'un coup de patte, le félin brisa la nuque de la souris. L'homme prit le rongeur par la queue et l'envoya par la fenêtre ouverte qui donnait sur la cour de la ferme. Le chat miaula. Une journée entière à poursuivre cette bestiole, et pas une récompense, pas une caresse, pas un mot. Dépité, il sortit dans la nuit tombante et se dirigea vers le box du cheval de trait. C'était un vieux cheval pommelé aux genoux cagneux, à la crinière sale et emmêlée qui travaillait dans les champs pour l'homme. Il revenait chaque soir, exténué, tirant la charrue qui traînait par terre. Le chat, son compagnon de malheur, venait souvent le voir à la tombée du jour, et ils parlaient de la vie, du travail et des hommes. Ah, ces hommes, ils leur menaient la vie dure, les faisaient travailler jusqu'à l'épuisement, sans même leur en être reconnaissants!
Ce jour-là, le cheval paraissait vraiment éreinté. Couché sur la paille, il salua le chat d'un signe de tête. Ils discutèrent longuement des hommes, et décidèrent de ne pas se laisser abattre ainsi par les humains.
-Je pourrais partir, dit le chat, mais je ne vais pas t'abandonner comme ça. Je crois que j'ai une idée, ajouta-t-il.
Il l'expliqua au cheval, qui le regarda tristement.
-Bien d'autres ont essayé, et ont fini à l'abattoir. Mais on peut toujours essayer.

L'homme fulminait.
-Voilà une demi-heure que j'essaie de relever cette vieille carne! Ah, tu ne te lèves pas, hein? Eh, tu veux m'énerver? Tu as gagné! Charles, tu me le mets à l'abattoir demain!
Le lendemain, le chat se cacha en bordure de la forêt qui longeait la place de l'abattoir. Il vit le fils de l'homme, Charles, s'avancer vers l'abattoir, tenant le cheval par la longe. Tout à coup, la bête rua, se cabra, tant et si bien que Charles, persuadé que le cheval était pris de folie, s'enfuit.
La bête ne fit ni une, ni deux, elle se précipita dans la forêt, suivie du chat. Ils couraient à travers le bois doré de l'automne, ils couraient sur le tapis de feuilles rouges et jaunes, il couraient dans la lumière tamisée qui projetaient des ombres sous leurs pas, ils couraient, ils couraient... Ils couraient vers la liberté.



Remarque qui ne sert à rien: J'imaginais plutôt un chat roux tigré et un cheval maigre gris pommelé
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# Posté le dimanche 24 septembre 2006 10:55

Modifié le dimanche 31 décembre 2006 10:24