Partir

Partir
Je voudrais hurler, dégager ma haine, l'envoyer tous les tuer,
Je voudrais hurler, soulager ma peine, qu'elle aille tous les hanter.

Je voudrais courir, laisser derrière moi toutes ces personnes qui ne me comprennent pas,
Je voudrais courir et semer sous mes pieds des graines d'horreur qui les étoufferaient.

Je voudrais taper, toute la force de mes bras pour exploser leurs visages haïs,
Je voudrais taper et réduire en poussière tous ceux qui m'empêchent de vivre.

Je voudrais partir.
Partir.
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# Posté le vendredi 22 septembre 2006 15:47

Peut-être

Peut-être
Pourquoi parlent-ils tous de moi? Suis-je un cas étrange? Peut-être que je désobéis aux lois naturelles de leur monde borné? Peut-être que tout simplement ils ne peuvent pas me comprendre? Peut-être que personne ne me comprend? Peut-être que personne ne peut me comprendre? Peut-être que personne ne me comprendra jamais? Jamais...

# Posté le vendredi 22 septembre 2006 15:27

Modifié le dimanche 31 décembre 2006 10:25

Je sais

Je sais
Je les vois, je les entends. Ils font des choses inutiles au monde qui n'auront aucune conséquence, sinon néfaste. Ils disent des choses sans intérêt, qu'ils auront oublié l'instant d'après. Ils s'adressent parfois à moi, parfois des paroles dures et blessantes, souvent des choses insignifiantes. Ils ne savent rien. Croient tout savoir. Ne servent à rien. Croient exister. Ils n'ont aucun talent. Croient en avoir. Existence pitoyable. Temps écoulé sans importance. Ils croient. Je sais. Moi. Je sais.
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# Posté le vendredi 22 septembre 2006 15:24

Inutile...

Inutile...
A quoi bon parler puisque personne ne m'écoute, à quoi bon utiliser la parole jusqu'à l'user, la parole qui bientôt sera abîmée, rouillée de tant de coups d'épée dans l'eau.
A quoi bon crier puisque personne ne m'entend, à quoi bon hurler ma haine jusqu'aux sommets, d'un cri qui se perdra à jamais dans les hauteurs, qui sera perdu pour eux, qui sera perdu pour moi.
A quoi bon pleurer toutes ces larmes amères de désespoir et de chagrin, à quoi bon laisser ouverts ces jets de larmes qui se perdent et s'évaporent, qui deviennent de l'air, qui ne sont plus que du vent.
A quoi bon tenter encore de réchauffer ces coeurs glacés de jalousie et d'amour, à quoi bon essayer de briser la froide glace autour de leurs coeurs de pierre puisque comme au sommet des pics enneigés, des montagnes les plus belles, des glaciers les plus majestueux, toujours le froid demeure, la glace resserre son étau gelé et la neige poudreuse en apparence étouffe mes pas et m'avale.
A quoi bon ouvrir les yeux qui n'en croisent pas d'autres, à quoi bon laisser s'échapper des regards qui par leurs semblables seront rabaissés, ou qui, les affrontant, découvriront qu'au fond d'eux tout est vide, froid, tunnel. Mort.
A quoi bon écouter ces paroles cruelles qui me tuent mille fois de leur seule existence, à quoi bon me percer les tympans de ces notes cruelles, celles de la méchanceté ou celles de la froideur, à quoi bon écouter ces silences éternels de l'indifférence dont les pointes acérées griffent mon esprit, à quoi bon écouter ces silences pesants de la mort éternelle ou de la fin du monde, qui annoncent de leur vide la défaite.
A quoi bon écrire ces lignes insensées qui ne seront lues par personne, à quoi bon te livrer mon secret à toi, l'inconnu de papier qui ne peut me comprendre, qui pourtant, patiemment, laisse mon stylo gratter sa peau tachée de l'encre de mes larmes.
A quoi bon vivre si l'on ne peut pas parler, si l'on ne peut pas crier, si l'on ne peut pas pleurer, si l'on ne peut pas réchauffer, si l'on ne peut pas ouvrir les yeux, si l'on ne peut pas regarder, si l'on ne peut pas écouter, à quoi bon laisser son coeur battre...

A quoi bon...

# Posté le samedi 02 septembre 2006 17:33

Modifié le mardi 15 mai 2007 03:09

"C'est fini"-------------> Concours JB n°1

"C'est fini"-------------> Concours JB n°1
C'était l'été, il faisait chaud. L'eau, comme mes souvenirs, était glacée.
Je fermai les yeux, me remémorant chaque détail avec une douleur poignante mêlée à cette amère satisfaction qu'engendre la vengeance. Son regard, sa voix, ses gestes, ses mots. Ses mots. "C'est fini".
Ce regard si tendre qu'il avait jadis en me voyant s'était durci, sa voix qui autrefois chantait comme une douce musique à mon oreille, sonnait comme un instrument désaccordé, ses gestes qui, avant, respiraient la force et l'aisance, s'étaient faits saccadés, ainsi que s'il se fût agi d'un automate. "C'est fini".
Alors j'avais fait volte-face, je m'étais enfuie, j'avais couru, j'avais hurlé, j'avais pleuré. Je m'étais effondrée. "C'est fini".
Je m'en souvenais parfaitement, c'était à cet endroit précis.
Et voilà qu'un an plus tard, jour pour jour, exactement au même endroit, les pieds dans la rivière, le désespoir et la peine avaient fait place à la haine et à la rancune, qu'une vengeance n'avait pas réussi à apaiser.

Mais il me fallait partir. Je me levai, abandonnant les deux cadavres sanglants au bord de la rivière. L'un d'eux avait mon couteau fiché en plein coeur.
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# Posté le samedi 02 septembre 2006 17:09

Modifié le samedi 14 octobre 2006 14:34